Méthanisation : Incohérences entre Etat et régions

Communiqué de presse de Pascal Nicot – Conseiller régional « Alliance pour les Pays de la Loire »
La méthanisation (transformation des résidus végétaux et animaux en biogaz grâce à des méthaniseurs) est devenue une source de revenus essentielle pour bon nombre d’agriculteurs pour qui elle représente parfois plus du 50% du chiffre d’affaires des exploitations. On peut le déplorer en préférant que les agriculteurs aient des revenus décents de leur production commercialisée mais c’est un fait indéniable.

Les régions et départements accompagnés des chambres d’agriculture, de GRDF et d’associations comme AILE encouragent le développement de la méthanisation pour valoriser ces résidus et permettre aux agriculteurs d’améliorer leurs revenus. Des prêts sans garantie ni caution sont accordés par BPI France pour faciliter l’investissement dans les installations. Le développement d’unités de méthanisation, principalement à la ferme, progresse rapidement en Pays de la Loire (doublement en 5 ans) pour atteindre 81 unités en début 2020. On est cependant très loin de l’objectif fixé par l’ADEME de 1000 unités de méthanisation en 2020. Le développement de cultures dites intermédiaires (maïs notamment) se développe pour produire des intrants pour les méthaniseurs.

Autre avantage, les digestats de méthaniseurs sont utilisés comme engrais par épandage pour les cultures et diminuent ainsi l’achat de produits phytosanitaires, permettant ainsi le développement de la vie microbienne dans les sols. Résultat : diminution de la facture d’achats d’engrais chimiques et amélioration environnementale.

Cependant, le développement rapide voire intensif de la production de « gaz vert » présente quelques inconvénients : sécurité des installations face aux risques d’incendies ou d’explosions, risque de favoriser le développement de fermes-usines de plusieurs centaines de vaches, hausse spéculative du prix du foncier comme constaté en Allemagne, …

Face à ces inconvénients réels mais contrôlables et surtout sous la pression des écologistes, le gouvernement s’apprête à diminuer les aides d’Etat à l’achat d’énergie par méthanisation. Ainsi le prix de rachat passerait de 96 € / MWh à 75 € / MWh alors que la promesse était de maintenir un prix fixe de rachat. C’est un coup de poignard dans le dos des agriculteurs qui ont fait le choix de l’investissement dans le gaz vert et qui risquent une perte de revenus dramatique pour la survie économique de leurs exploitations.

On constate le même phénomène pour le photovoltaïque où la aussi l’Etat renégocie les prix de rachats de l’électricité produite.

Nous dénonçons les effets d’annonce politiques qui encouragent le développement de certaines filières de productions d’énergies renouvelables en promettant des tarifs garantis attractifs mais souvent déraisonnables et qui revient sur ses promesses lorsque le coût pour le budget de l’Etat devient astronomique (1,3 Mds d’€ supplémentaires dans le PLF 2021 soit une facture globale de près de 7 Mds d’€). Le problème c’est que les producteurs qui ont investi en pensant que l’Etat tiendrait ses promesses se retrouvent étranglés quand les baisses de prix de rachat surviennent.

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