COMMUNIQUÉ d’André Murawski au sujet des MUNICIPALES HAUTS-DE-FRANCE

Dans le contexte sanitaire particulier lié à la pandémie de coronavirus, le 1er tour des élections municipales dans les Hauts-de-France a été marqué pour le RN par un double phénomène de consolidation et de recul.

De consolidation dans les ” bastions ” de Villers-Cotterets et, surtout, d’Hénin-Beaumont, conquis en 2014. Mais aussi de dans les quelques autres localités où le parti de Marine Le Pen est parvenu à présenter des candidats.
Limitrophe d’Hénin-Beaumont, Montigny-en-Gohelle est restée à gauche avec un RN progressant très légèrement de 36 % en 2014 à 38 % en 2020.

Recul du RN en revanche à Billy-Montigny où le député José Evrard avait, avec 31 % des suffrages, fait entrer trois élus au conseil municipal. En 2020, son successeur n’obtient que 22 % et deux élus.

Toujours dans le bassin minier, le RN enregistre un grave échec à Lens où le candidat parachuté fait élire quatre conseillers avec 22 % des suffrages, en recul par rapport à 2014 où Hugues Sion avait dépassé les 24 %. La mise à l’écart à Lens du conseiller régional Olivier Normand, démissionnaire du RN, a pu contribuer à cette contreperformance.

C’est peut-être Calais qui marque le mieux l’essoufflement du néo-fn dans le Pas-de-Calais. Car si le candidat RN progresse avec 18 % et quatre élus en 2020 par rapport aux 8,5 % et deux élus de 2014, l’implication personnelle de Marine Le Pen et de sa famille (sa soeur Marie-Caroline et son beau-frère Philippe Olivier), le résultat est décevant dans la ville symbole de l’immigration subie.

En Picardie, le recul est général à Saint-Quentin  (15 % contre 20 % en 2014), Amiens  (8 % contre 16 %), Abbeville  (14,4 % contre 21 %), Noyon  (18 % contre 19,5 %), Beauvais  (9,7 % contre 15,8 %).
Mêmes échecs dans le Nord : 16,4 % contre 18,2 % à Douai ; 5,2 % contre 11 % à Cambrai ; 15,3 % contre 18,2 % à Dunkerque ; 8,4 % contre 11 % à Tourcoing ;  9 % contre 17 % à Roubaix ; 6,8 % contre 18,3 % à Lille. 

On note surtout l’échec du député Sébastien Chenu à Denain dont les 30,7 % montrent les limites d’une stratégie fondée sur la communication plus que sur l’implantation.

En juillet 2018, j’ai quitté le RN en raison de la direction défaillante de ce parti, du flou doctrinal et du manque de considération témoigné aux élus les plus compétents.

Au-delà des vicissitudes de la situation sanitaire et de l’abstention, c’est bien l’absence de compétences et d’implantation que le premier tour de l’élection vient de révéler à propos du néo-fn de Marine Le Pen. Un échec évident qui, ajouté aux affaires judiciaires et à une gestion financière calamiteuse, devrait amener ce parti à envisager de changer d’équipe dirigeante.

André Murawski 

Conseiller régional Hauts-de-France 

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